Concilier la théorie à la pratique, c’était la raison de la descente effectuée dernièrement dans la commune de la Nsele, avec comme objectif, procéder au prélèvement des données hydrologiques et de sédimentation sur la rivière Nsele.
Sous la conduite du Professeur Raphaël Tshimanga, Directeur de l’Ecole Régionale de l’Eau (ERE) de l’Université de Kinshasa et du Centre de Recherche en Ressources en Eau du Bassin du Congo (CRREBaC), les apprenants qui, pour la première fois, ont été en immersion totale dans les exercices de prélèvement des données ou des mesures sur le débit, la vitesse d’écoulement d’eau, la profondeur et même la sédimentation de la rivière Nsele.
Cet exercice de terrain qui rentre dans le cadre des cours d’hydrométrie et d’ingénierie des rivières a permis aux apprenants de se familiariser avec les appareils de collecte des données tels que l’Acoustic Doppler Current Profiler (ADCP), les courantomètres (moulinets) comme le FlowTracker, le Limnimètre et le capteur de pression, les Flotteurs et autres.
Dans son mot d’orientation, le Professeur Raphaël Tshimanga a invité les apprenants à la prudence et la sécurité lors des exercices de prélèvement des mesures sur la rivière, tout en se rassurant de la disponibilité de tous les matériels requis.
Les apprenants de leur côté se sont dits satisfaits de l’opportunité leur offerte par l’ERE pour cette première expérience de terrain.
« Je pensais que c'était de la magie quand je lis des livres où on détermine le débit d'une rivière, d’un fleuve, d’un lac. Mais aujourd'hui, j'ai trouvé que c'était vraiment praticable. Quelque chose qu’on peut faire si on est apprenant dans le domaine qui concerne l’eau », s’est exprimée Clarisse Lefuni, apprenante dans la spécialisation traitement des eaux usées (TEU), boursière de la Banque mondiale dans le cadre du Programme d’accès à l’eau et à l’assainissement (PASEA) exécuté par la Cellule d’exécution des projets eau (CEP-O).
Pour Isaac Kumpi, également boursier de la Banque mondiale dans le cadre du même Programme et même spécialisation, c’est une expérience superbe.
« C'était une superbe expérience parce que nous avions eu des cours théoriques, et lier ces cours à la pratique que nous avons vécu tout au long de cette journée, c’est une expérience très enrichissante. Cela nous met face aux réalités du terrain premièrement et nous montre que tout ce que nous recevons peut nous aider à nous en sortir face aux difficultés que nous pouvons rencontrer sur le terrain. Il est de notre devoir en tant que futurs gestionnaires en eau, d'arriver à les surmonter avec les connaissances acquises ».
Boursier du Congo Basin Science Initiative (CBSI-Initiative Science pour le Bassin du Congo), Ulrich Nkouefouette, pense que c’est une expérience très enrichissante et captivante.
« C'est ma première fois de parcourir une rivière, et la rivière Nsele où nous sommes actuellement. J'ai déjà entendu parler des mesures hydrologiques, de manière théorique à travers les cours d’hydrométrie et d’ingénierie des rivières. Mais de manière pratique, c’est la première fois pour moi de pouvoir mettre en pratique le système d’accès aux données hydrologiques ».
Également Boursière de Congo Basin Science Initiative, Rosalie Mutala a ajouté :
« J’ai vraiment aimé parce que c'est toujours intéressant lorsqu'on vous parle des choses et que vous pouvez réellement les voir surtout en termes de mesures sur la rivière Nsele qu’on a pu prélever, tel que le débit de la rivière avec l’ADCP ».
« C’est toujours un plaisir de concilier la théorie à la pratique. C'est vrai qu'au début j'avais peur, mais une fois sur la rivière, ça m'a beaucoup plu de palper la réalité en face », a fait savoir Maguy Ndaya, boursière de la Banque mondiale.
De part ses missions et prérogatives, l’Ecole Régionale de l’Eau de l’UNIKIN forme des spécialistes dans les questions de l’eau pour relever les défis liés entre autres à la carence de l’expertise dans le domaine et au manque de données persistant dans le bassin du Congo.
« Nous vivons dans un pays qui est riche en ressources hydrologiques et parfois, nous n'avons pas de données précises sur nos rivières. Je pense que ce terrain va nous aider à pouvoir disposer des données quant à ce. C'est une première fois, mais il y aura encore une deuxième fois pour nous permettre à pouvoir savoir quel est le débit, la profondeur de nos rivières », a ajouté Maguy Ndaya Mukena.
Intérêt et enthousiasme des apprenants
Dr Djamel Kechnit, postdoctorant à l’ERE qui a accompagné les apprenants lors de cette descente, a souligné l’intérêt pour les apprenants sur les données de l’hydrologie.
« Les apprenants ont un intérêt assez important, parce que le déploiement des données ADCP sont assez importantes dans le domaine de l’hydrologie. Ça leur permet d'approfondir leurs connaissances et compétences dans le domaine d’hydrologie. Il est vraiment intéressant pour un apprenant de master de faire le traitement des données et de prélever des mesures sur le terrain ».
Avant d’ajouter : « Ce sont des mesures hydrologiques qui vont permettre aux étudiants, aux apprenants, d'approfondir leurs notions théoriques qu’ils ont déjà apprises dans le cours, et aussi de faire le déploiement des moyens, des mesures, telles que l'ADCP, qui est vraiment un moyen très intéressant dans le domaine d’hydrologie ».
« J'ai pu lire l'enthousiasme dans le chef des apprenants et ils ont quand même pu apprendre à manipuler des équipements. Je pense que l'objectif a été atteint. On prévoit dans les prochains jours d'autres séances sur terrain où on va apprendre encore des nouvelles techniques, des nouvelles méthodes avec des nouveaux équipements », s’est félicité et a promis l’Ingénieur jean-Felly Ngandu, un autre encadreur de l’ERE.
Remerciement
Reconnaissance oblige, les apprenants ont vivement remercié l’ERE et les différents bailleurs de fonds qui soutiennent leurs recherches.
« Je profite aussi pour dire merci pour cette opportunité que la CEP-O nous a accordée. Je remercie vraiment l'Ecole Régionale de l’Eau pour cette pratique et pense qu’il y aura une deuxième fois et troisième fois », s’est exprimé Clarisse Lefuni.
« En tout cas, je dis grand merci à la CEP-O, à la Banque Mondiale, au projet PASEA pour cette opportunité que nous avons eue pour étudier à l'Ecole Régionale de l’Eau », a ajouté Isaac Kumpi.
« Merci au CBSI pour l’opportunité », s’est exclamé Ulrich Nkouefouette, boursier CBSI.
A travers cet exercice de prélèvement des données hydrologiques, les apprenants de l’Ecole Régionale de l’Eau ont pu lier la théorie à la pratique et expérimenté toutes les connaissances acquises en salle. Une descente de terrain qui a contribué à faire de ces apprenants des véritables gestionnaires des ressources en eau.
Ruben Ns Mayoni
Prélèvement des données hydrologiques : les apprenants de l’ERE/UNIKIN en immersion sur la rivière Nsele